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jeudi 28 août 2014.
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Rituel du mariage traditionnel

 

 

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Tlemcen

Un mariage est d'abord un acte d'alliance, accompagné d'une série de transactions. C'est aussi un rite de passage mobilisant un potentiel symbolique et des pratiques sacrées.

Les préliminaires

Le processus évènementiel qui crée la parenté par alliance nessoubia commence au moment du choix de la mariée.

Dés que leur fils atteint l'age de se marier, ses parents commencent à lui chercher une femme.

En matière d'union, chacun doit s'allier selon son rang. En l'occurrence, la famille du garçon ne pouvait en principe demander une fille à marier qu'à une famille de statut égal ou légèrement inférieur.

Aussitot, celle qui répond à leur goût trouvée, ils s'empressent d'aller la demander en mariage à ses parents pour leurs fils. Cette première démarche s'appelle " khotba".

Préparatifs et transactions

Si les parents de la fille accèdent au désir exprimé par les parents du garçon, ces derniers doivent leur envoyer en signe d'acceptation de part et d'autres, un ou deux " tifours " pleins de hénnè mélangé avec des bonbons, des cacaouettes, des gâteaux en plus de deux pains de sucre " qaleb "et recouvert de " foutas " et " mandile ", deux grandes bougies et un mouton vivant. Cette fête s'appelle "mlek "

Autrefois, le henné et le reste étaient envoyés par l'intermédiaire de nègresses (khdem ).

L'envoi de ces objets ne peut avoir lieu qu'après la réunion d'hommes qui déterminent les conditions du mariage, et fixent d'un commun accord le quantum de la dot; l'époque à laquelle elle sera versée, et le moment de la célébration du mariage et toute les conditions principales et accessoires (chourot).

L'établissement verbal et rituel du contrat "dotal" est le pilier de toute union dans la tradition tlemcèniènne. Pour donner à ce contrat solennel une base solide on procède à la célébration de la "fatha " par les parents et devant témoins (parents, voisins) choisis par les deux parties. Ils doivent le faire constater, ainsi que toutes les conditions convenues par acte dresse au soin d'un cadi de leur circonscription judiciaire.

Le mariage est généralement célèbre un an après .dans cet intervalle, les parents de la fille doivent compléter le trousseau de la future mari "cora" constitue des éléments de sa literie ( farch ), des habits conçus pour le quotidien et des toilettes riches d'apparat préparées spécialement pour la fête du mariage . (Voir photos)

Nouer une nouvelle alliance entraine d'autres cérémonies préparatoires à la noce, surtout si elle doit être longuement différé.

 

Toilettes riches d'apparat de la nouvelle mariée

Pendant la période des fiançailles, les parents du futur marié doivent envoyer une ou plusieurs fois à la jeune promise, des cadeaux varies, selon la position sociale des parents et leur aisance, cet acte s'appelle " tafquida".

Trois ou quatre semaines avant la célébration du mariage, les parents des futurs époux fixent d'un commun accord le jour de cette célébration et celui du versement de la dot, qui réunira les membres des deux familles, cette cérémonie s'appelle "defou'e "

Une quinzaine de jours avant la cérémonie nuptiale, on envoie des jeunes femmes proches des deux fiancés, richement parées, pour inviter familles, voisins et amis respectifs à assister à la grande fête, cette cérémonie est appelée " metssadna "; les festivités commencent avec la confection des gateaux, la préparation du couscous et le conditionnement des raisins secs, dans une ambiance particulière.

La veille du mariage " wchi " la future mariée se rend au bain maure, accompagnées de demoiselles qui lui sont proches, suivant la tradition du" tachlil "

Le soir, les domiciles des prochains maries résonnent séparément, des échos de chants et danses accompagnent, la dernière nuit de deux vies règles jusque la sur le célibat.

Dans la maison du garçon, on invite tous les garçons d'honneur a déjeuner avec lui a prendre un bain et se faire coiffer en sa compagnie. La location d'un coiffeur et d'un bain maure est requise à cet effet.

Le jour de la célébration du mariage deux grandes fêtes sont données pour les femmes pendant toute la journée, l'une dans la maison de la jeune fille et l'autre dans celle du fiance.

Dans la matinée, on habille la jeune fille simplement d'une robe (blousa ) sans ceinture qui a appartenu a sa mère puis on lui met du hennie sur ses mains " zwaq " en poussant des youyous "twelwil "

La tradition du henné ( zwaq)

Dans l'après midi, on assiste au " taeyil ": a toutes les femmes qui ont répondu a l'invitation, sont servis des plats de viande aux raisins secs cuit dans du miel ( marqa bel lassel) accompagnes par du café, du thé et des gâteaux.

Vers le milieu de l'après-midi, les parents de la fille expédient vers le domicile conjugal le trousseau de la mariée, en plus de la literie et les deux bougies des fiançailles qui resteront allumées toute la nuit de noce, après les avoir exposes auparavant dans leur demeure" tabiet el farch "(voir photos).le trousseau ainsi exposé témoigne de la condition sociale des parents de la mariée .Quelques minutes avant le coucher du soleil, les parentes les plus proches conduisent la mariée au domicile conjugal.

La mariée est habillée d'une robe de mensoud j (lame or et argent), et d'un caftan en velours brode de fils d'or dont les motifs floraux sont occultes par un paravent de bijoux: perles de culture, colliers auxquelles sont suspendus meskia, chaînes de fils d'or torsades ( krafach ), énormes boucles d'oreilles a plusieurs rangs de perles fines et pierres précieuses ( khorssa ), plusieurs ensembles de bracelets aux avant-bras, kholkha l a la cheville, bachmak au pied.

La tête est coiffée d'un genre de henin, calotte conique, brodée de fils d'or et d'argent, sur laquelle est noue le mendil de mensoud j et plusieurs bijoux enserrent la stabilité de la coiffe avec zeroufs , djebbins, couronnes .

La mariée sort de la maison paternelle sous le voile traditionnel ( haik ou kssa ) (voir photo)

La shadda tlemceniènne

L'accueil de la mariée par sa belle famille portant le voile traditionnel

Une calèche tirée par deux chevaux conduit la marièe vers son domicile conjugal .

Une fois le cortège arrivé, la mariée est accueillie chaleureusement par sa belle famille, alors qu'un orchestre de femmes nomme ( f'qerette) anime toute la soirée pratiquement jusqu'à l'aube.

On la fait asseoir sur une chaise au milieu des invitées puis on lui ramène un plateau ( seniet el akker ) muni d'un soulier doré, d'une bouteille de parfum, d'un miroir d'une boite de maquillage, le tout recouvert par un voile en soie qu'on appelle (abrouk ) qui sert a cacher le visage de la mariée jusqu'à l'arrivée de son époux.

Dans la soirée, après avoir passe quelques moments au café ou se regroupent les hommes de la famille ainsi que ses amis on prépare le défilé nuptial en faisant monter le marié sur un cheval muni d'une selle brodée de fil d'or et d'argent, vêtu d'un burnous blanc immaculé, évolué au sein d'une ambiance de jeunes très détendus, et au son d'une musique rythmée par les ( tebbal) et la ( ghaitas ), sous les détonations de fusil de baroud, et on le conduit, musique en tête à la maison nuptiale après lui avoir fait parcourir les principales artères de la ville.

Au terme de cette balade, le marié se dirige vers la maison et le rituel veut que sa sœur essuie son visage à l'aide d'un châle, et il doit passer par-dessous sa mère), il pénètre dans la chambre nuptiale ou se trouve dégât sa nouvelle femme au milieu de son trousseau. Les invités poussent des you you étourdissants, le marié soulève le voile dore qui protége la pudeur et le maquillage particulier de sa dulcinée imprime un baiser sur le front, l'attitude résignée de la mariée compose une séquence inoubliable. Tous ceux qui l'ont accompagne doivent se disperser après avoir complimenté, les jeunes mariés et leurs parents.

Au lendemain du mariage, la mariée reçoit un bijou de sa belle famille ( bousset e'rass ) et reste dans sa chambre jusqu'à l'arrivée de sa famille.

 

 

Dans la matinée, les musiciens dits " tebbaline " se regroupent, pour faire la " nouba " qui consiste à faire asseoir d'abord le jeune marié sur une chaise centre au milieu des musiciens qui exécute alors un ou plusieurs morceaux du " haouz i"en son honneur, et tout les jeunes gens de la cérémonie, doivent à tour de rôle s'asseoir sur cette même chaise pendant quelques minutes en recevant sur son visage, la caresses du châle avec lequel on a essuyé le visage du marié le jour de ses noces.

Une fois le morceau de musique exécuté, la personne se lève et jette dans le plateau place au milieu des musiciens une certaine somme d'argent selon l'aisance de chacun.

Dans la soirée, on assiste à la confection d'estrade munie de chaises, pour recevoir d'autres musiciens " el hala" qui interpréteront les noubats de l'art musical andalou jusqu'a l'aube.

Le mariage tlemcenien duret 7 jours et 7 nuits d'ou l'appellation "sebaa" , et la mariée doit rester dans un coin pendant trois jours (fechouka ).

Le 7eme jour chacune des deux familles nouvellement unies, célèbre le sebaa en habillant la mariée de nouveau avec le caftan traditionnel en ajoutant ses accessoires le hzam et la fouta (voir photo) symbole de son nouveau statut de femme mariée et donne un grand festin en l'honneur de la belle famille.

Le 15 ème jour coïncide avec le jour de son départ au bain maure c'est la première sortie de la mariée,elle est habillée d'une robe de mansoudj accompagnee d'une veste appelle ( qat ) "elkhmastache" ou la mère de celle-ci confectionne des gâteaux qui seront distribués dans le bain avec la limonade, après le rituel du bain, la mariée s'habille d'une robe en soie et on l'a coiffe de (mandile del ftoul ) et de bijoux traditionnels sans (la chachia ), cette coiffe s'appelle ( shadda del djass )

Shadda del djass

  Puis le lendemain on assiste à la cérémonie du "tsseghniss" ou la mariée s'habille de rdha (voir photo).

Le mariage se termine ainsi, mais les festivités continuent pour le jeune couple, puisque ils sont invités à tour de rôle chez la famille la plus proche pour la ( tiafa ).

 

r'dha

 

 

Tizi-Ouzou

Traditionnellement, le mariage a un caractère purement familial. La jeune fille en Kabylie se marie de préférence avec un cousin, un proche ou quelqu'un du village. C'est une façon de sauvegarder le nom de la famille, ainsi que les biens qu'ils peuvent avoir en commun.

 

Les fiançailles : ass lemlak,

La cérémonie des fiançailles a un côté solennel qui engage les deux familles. Le montant de la dot doit être débattu devant témoins autour d'un repas offert chez le père de la mariée. Les parents du jeune homme doivent offrir un œuf,  des orobes, du parfum, des bijoux en argent et du henné.

Le jour ou les familles doivent officialiser les fiançailles, et devant des témoins, le père du jeune homme propose une somme d'argent généralement élevée pour prouver a l'assistance son aisance et sa genèvois et surtout la valeur que possède la fille aux yeux de sa belle famille. Le père de la jeune ne prend qu'une petite somme, c'est ce que l'on appelle hak entamamtouth . On récite alors « la fatiha » puis les parents du jeune homme se lèvent, tout en prononçant des vœux de bonheur et vont embrasser sur le front les parents de la jeune fille en signe de respect.

A partir de ce jour, la jeune fille est définitivement promise, et pendant tout le temps des fiançailles la jeune fille recevra des cadeaux pour chaque fête :

« El hak entislit » ou « lemlak ».

   

Préparatifs du mariage 

L'invitation à la fête 

L'invitation des personnes et des familles à la cérémonie de la fête se fait toujours sous l'entière autorité du maître de la fête, et parmi les premiers invités se trouvent d'abord les frères, puis les différents parents et enfin les amis.

Préparation du couscous 

Au foyer du futur époux, quelques jours avant la célébration du mariage, les femmes se réunissent pour roulet le couscous.

Ces occupations donnent lieu à des réjouissances familiales : les femmes roulent le couscous en chantant et en récitant des poèmes. Chez la mariée les mêmes préparatifs ont lieu mais cette fois-ci la mariée est très protégée ,les rites sont observés comme les bougies qui restent allumées, du sel qu'on jette lors du passage de la future promise, etc.……

Bain de la mariée

La vieille du départ vers son nouveau foyer, on fait prendre son bain à la jeune fille. Une vieille femme est chargée de cette tâche c'est «  la qibla » , c'est la même vieille femme qui le fait pour toute les filles de la famille.

Elle prépare minutieusement cette opération, la jeune fille se met debout dans un grand plat en bois, dans lequel elle met des fèves, des œufs et d'autres herbes aromatiques. L'eau ne doit pas être chauffée, elle doit être pure et puisée le jour même de la fontaine. Pendant tout le bain, une bougie reste allumée, pour que dit-on ses jours s'illuminent.

Déroulement de la fête de mariage

La fête de mariage se déroule une durée de quatre jours, au cours desquels alternent différents rites que réalise, pour l'essentiel, la famille du marié. Chez la famille de la mariée il y a peu de chants et de danse, la fête ayant lieu du cote du marié.

Premier jour 

Le matin : acheminement de victuailles à la famille de la mariée : des le matin du premier jour de la fête ( jour du henné ), des femmes en qui la mère du marié a confiance, ainsi que les belles-sœurs de la mère du marié (sœurs ou épouses des frères de son mari), préparent le couscous et le bouillon destinés au repas de midi.

Une fois les feux éteints, en fin de matinée, la famille procède à la préparation des affaires qui constituent « teaayan » (denrées alimentaires destinées la famille de la mariée et quelques effets vestimentaires à remettre la mariée. ces cadeaux sont : la semoule, la viande, l'huile d'olives, chaussures, robe et foutas

En fait, ces quantités alimentaires dépendent du contrat tacite convenu entre les deux familles. Lorsque tout est prêt, le groupe chois quitte la maison de la famille du marié. A leur arrive à la maison de la mariée, les personnes qui ont porté le ttaayan prennent un repas.

Le soir : déroulement de l' urar  : chant de commencement «  imebdi »  :

Une fois le dîner est servi, le lieu de déroulement de l'urar se remplit d'invités et des femmes organisées en demi-chœurs alternant les chants d'ouverture de l'urar et par ces chants elles souhaitent la bienvenue aux invités de la manière suivante :

Ouverture de la fête ; Imebdi n'urar :

c'est ta joie que nous apprise mon frère et nous sommes venus ,

je me réjouis pour mon frère,

C'est ta joie que j'ai apprise mon frère et je suis venue,

Je me réjouis pour mon frère de sang,

o porteurs de chechias décores,

bienvenue aux gens de la fête qui sont venus,

l'urar est beau en leur honneur.

lebdi burar :

sellferh ik agma ay nesla armi id-nusa

efrehgh as i ma g Emma

selferh ik a gma y sligh armi id-usigh

elhaja er da wer tsligh

selferh ik agma ay nesla armi id – nusa

efrehgh as i gma t tasa

ay ath choucha wzeyyani

y yechbah wurar fell asen

Les femmes procèdent à une autre forme d'animation qui consiste en chants, danses , youyous jusqu'à une heure tardive, durant cette animation se déroule la cérémonie du henné du marié ainsi on installe une natte tagarthilt  , sur laquelle on pose une couverture tissée, achettid et deux coussins, l'un pour le marié, l'autre pour le poète qui lui imposera le henné. On pose également une assiette, un pot d'eau, un flacon d'eau de toilette pour la préparation du henné, un plat contenant du blé dur, des œufs frais, un bijou en argent tafezzimt elfetta , des membres de la familles du marié viennent prendre place sur la natte ou le groupe s'installe en cercle.

Tandis qu'un proche parent du marié prépare le henné, des femmes organisées en deux demi-sœurs, en alternance, entonnent des chants spécifiques de henné et louangent le marié, pendant que les autres femmes lancent des youyous.

louange d'imposition du henné 

Je prélude et chante sur le prophète

les œufs et le henne

Qui veut rivaliser n'a qu'a s'approcher

je prierai sur le prophète nous répéterons

quand le hennie sera prêt

le courtois l'imposera

pressente ta belle main

Omar metal d'argent de bracelet

le hennie vous sera prospere

Pressente ta jolie main

omar métal d'argent thésaurise

Le henne vous sera bénéfique

Donne ta main blanche

Omar métal d'argent d'anneau de cheville

Il imposera le henne bien mérite

C'est Omar crochet de pendant d'oreille

Le charme coule sur lui

Lampe entourée de ses frères

le hennie embellit des mains

Il est venu d'iflisen

Le jeune faucon l'imposera.

acekker t-tuqqna i-ihenni

ad selligh f enbi a neghenni

thimllaline d elhenni

qerr'b a win illan d akhesmi

ad selligh f enbi a s nales

elhenni mi ad ires

yeqq'n it win illan d elkayen

arred afus ik yecbah

a amer alfetta n eddah

l'henni f ar a yerbah

arra d afus ik yezyen

a amer elfetta ykenzen

l'henni ara wnisaaden

arred afus ik amellal

a amer elfetta wkhelkhal

ad yeqqen l'henni yuklal

d si amer ay ilegh ugettum

essqi fell as yetsudum

elmesbeh mi zzin laemoum

d si amer ay ilegh ettminas

essqi yettuddum fell as

elhenni ichebbah ifassen

id yekkan deg iflisen

at yeqq' n elbaz mezziyen

La mère du marié allume trois ou sept bougies déposées à coté du plat de blé et des œufs, lorsque les chants arrivent à leur fin, et que le henné est prêt à être imposé, on fait venir le poète,  win yezznouzen, elhenne , est généralement choisi pour sa verve poétique et son expérience en la matière, à la fin de la déclamation poétique, les chants des femmes continuent. Le poète enduit les premières phalanges de l'index du majeur de la main droite du marié. Avec soin la mère du marié reprend l'assiette la boite du henné et les bougies, et pendant l'imposition du henné la mère du marié étale une étoffe neuve pour recevoir les dons en argent, au même moment chez la mariée, on procède à une petite séance d'imposition du henné, sur le lieu de l' urar la musique reprend à la fin de cette seconde partie des airs à danser, l'urar est clôture par un air musical spécifique tiré d'une chanson fort connue ebqaw aala khir.

Deuxième jour :

Quatre phases principales marquent le deuxième jour de la fête :

Déjeuner ; ifathour : la famille du marié invite à déjeuner les familles avec lesquelles elle entretient des relations réciproques et d'échange.

Formation et départ du cortège chez la mariée :

La famille du marié organise un cortège en invitant les participants. Ce cortège quitte la maison pour se rendre à la demeure de la mariée.

Arrive du cortège à la demeure de la mariée :

La mère de la mariée reçoit le cortège des femmes en leur jetant du sel .la mère de la mariée allume quatre mèches, imbibées d'huile que la mariée tient entre les quatre espaces interdigitaux de sa main droite et elle jette à terre lorsque les femmes du cortège commencent à pénétrer dans la cour de la maison.

Habillage et embellissement de la mariée :

explicitement choisies par la famille du marié, quatre femmes entrent dans la chambre ou se trouve la mariée et l'habille d'une robe tout en la parant de bijoux, chevilliers, de large bracelets, boucle d'oreilles, diadème et un collier de clou de girofle et l'ambre

Chant d'embellissement de la mariée 

La mariée à baisse le capuchon

Fille de lionne aux beaux yeux

Par dieu que la parenthèse soit prospère

la mariée a baisse la fouta

la fille de la lionne de l'ubac

Par dieu que la demeure soit prospère

Pose-lui la ceinture sur la taille

Ses beaux-frères son courtois

Fasse dieu qu'elle nous apporte la prospérité

pose-lui ceinture sur le cote

ses beaux-freres sont d'appartenance princière

Fasse dieu que nous soyons tous prospère

O gens des ath jmiaa, o dattes muries en grappes

O gens aux fusils, dotes jusqu'a la bretelle

Il frappent avec le fer, et disent à l'ennemi ; « courbe l'échine »

o gens des et jmiaa, o dattes muries en grappes

O gens aux fusils, dores jusqu'au canon

Ils frappent avec le fer, et disent a l'ennemi : « tremble »

A qui est-elle cette demeure, elle est a sidi hand le tunisien

De chaux et de brique, sa tuile est écarlate

Nos allies matrimoniaux conviennent, tel le miel sur le beurre

Je louangerai la maîtresse de demeure

Porte l'eau et les friandises

Nous avons ramène celle aux cils brunis

Je louangerai la maîtresse de la maison

Apporte les friandises et l'eau

Nous avons ramène celle aux cils bruns

Passe devant petit garçon et avertis

A la maîtresse de la maison dis

Aujourd'hui est un jour de joie pour elle

achebbah n teslith :

tisliht tebrad i weqelmum

yellis ettsedda m laayun

a rebbi s lehna b-b-edrum

sers as aggus ghef ammas

ilewsan is d elkkayas

enchallah a nerbah fell as

sers as aggus gh af taghma

ilewsan is d esslatna

enchallah a nerbah merra

ay ath jmiaa, a tsmer yebbwan d agazu

ay ath lemkwahel timdehbin ar tikhenfache

ekkathen s wuzzal, eqqaren iwaadaw araache

wilan elhara wlan, en sidi hhend u-wamer

elgir we ellajur, elqarmud ar inehher

idewlan ennegh , terna tamemt ghaf udi

ad chekkragh lall el lhara

awid aman d elaada

nebwid em yigel yeghman

ad chekkregh tall n wekham

awi- d elaadda d waman

nebwi – d em yrgel yeghman

ezwir ay abghur aalm as

lall n wekham thinidh as

assa d asaadhi fell as

Peu de temps avant de quitter le domicile familial on procède a la pose du voile. La jeune mariée en plus de son trousseau, emporte des provisions : des beignets des gâteaux, etc. Le cortège s'éloigne en chantant et en tapant des main.

L'arrivée de la mariée 

  Juste a l'entrée dans sa nouvelle demeure, la mariée doit mettre dans sa bouche un morceau de sucre, qu'elle doit garder jusqu'à ce qu'elle franchisse le seuil de sa nouvelle maison. La belle mère s'approche de la mariée, lui tend une cruche d'eau que la mariée doit vider en trois fois derrière elle, ou elle casse un œuf sur le seuil de la porte.

La mère du marie défait sa grosse ceinture, avec laquelle elle encercle les mariés et elle- même, ainsi rapproche, tous les trois passent le seuil de la porte et se rendent à l'intérieur de la pièce ou se reposera la mariée.

Chant accompagnant l'arrivée de la mariée :

Bienvenue à toi …

O fusil qui vaut cent

Fasse dieu que tu sois prospère

Bienvenue a toi la mariée

O fusil algérien

Que tu nous sois de bonne augure

Bienvenue a son beau-frère

Lui qui a vide sa bourse

Il a pris la perdrix sous son ail

aggwad n teslit :

elaaslama – m a……

a tameghelt em-miyya

akk' m a tislit

a tameghelt tazayrit

ed fell-am nerbah naf-it

elaaslama- s i wlews-is

a win yezwin takhrit – is

yebbi ihejla ddaw iferr-is

Dîner :

Après l'installation de la mariée et de ces accompagnateurs, un dîner est servi.

Second urar  :

Après le dîner, chacun se rend sur la place ou à lieu la séance nocturne de jeu musical et danse.

Troisième jour :

Le lendemain après la consommation du mariage, des youyous sont lances et des coups de feux sont tires. Les hommes de la famille sont admis à rendre visite à la mariée en lui donnant de l'argent.

Le septième jour ; Sbaayam  :

C'est le septième jour que les parents de la mariée, en particulier sa mère, viendront lui rendre visite .mais dans certains villages kabyles, c'est le contraire qui se produit. En d'autres termes, le septième jour, c'est la mariée accompagnée de son mari et de sa belle qui ira rendre visite à ses parents.

Et le septième jour, s'est le jour de la mise de ceinture, on amante un garçon premier accompagné de la belle mère qui lui enroule autour de sa taille la ceinture en laine et pour sa première sortie elle se rend à la fontaine accompagnée par un groupe de parentes et d'amies et elle remplit une cruche.

Chant accompagnant le ceinturage de la mariée :

Heureux matin la mariée, visage plaisant

Bravo pour l'homme que tu as épouse, il est pareil à une tresse

La nouvelle parviendra à ta mère, qui s'en réjouira tant

Heureux matin la mariée, visage de prospérité

Bravo pour l'homme que tu as épouse, il est pareil à une lampe

La nouvelle parviendra à ta mère, qui s'en réjouira sans compter.

agas n teslit :

esbah elkhir a thislit, aqadoum n ellhou

es lehna f –ergaz toughed, amzoun d asarou

d lekhbar ad yawden yemma m, at eayou tzehhou

esbah elkhir a tislit, aqadoum n erbah

es lehna f –ergaz toughed, amzoun d elmesbah

d lekhbar ad yawden yemma – m, aayou thferrah.

C'est avec le septième jour que se terminent les festivités qui entourent le mariage traditionnel kabyle.

 

 

 

Blida

 

Aperçut historique  

La wilaya de Blida s'étend sur une superficie de 482,8km2. Sa population est estimée à 839.942 habitants. elle est découpée administrativement en 10 dairates et 25 communes .elle est limitée au nord par les wilayets d'Alger et de Tipaza, au sud par la wilaya de mea, a l'est par les wilayets de boira et de boumer des, et à l'ouest par la wilaya de Ain-defla .

riche d'un patrimoine culturel millénaire , ses vestiges traduisent le passage de plusieurs civilisations et le brassage de plusieurs cultures romaine , byzantine , islamique , ottomane , et française. la présence de sites et de monuments historiques , tels que les mosquées ottomanes ( el hannafi el turqui), (ibn saadoun ben baba ali), les églises( cathédrale saint Charles qu'occupe actuellement la grande mosquée "el kawthar ) , les synagogues , les temples , les anciens quartiers ( el djoun et douirette ou ouled soltane , les nécropoles (aronda) et les mausolées ( sidi el kebir et sidi yacoub ) , témoignent de sa richesse culturelle et de sa mémoire historique. pendant la période de la régence ottomane , sid ahmed kebir ( 1474- 1568), a fonde la ville de blida. immigrant andalous, il est arrive dans la région de la mitidja en 1519, a l'age de 45 ans .

Introduction 

L'art populaire reflète la vie quotidienne d'un peuple.

Ce patrimoine culturel n'a cesse de se transmettre d'une génération en génération. Ce sont des expressions orales, des sentiments, des gestes et des paroles. Toute les séquences historiques qu'a connu l'Algérie ont laisse leurs empreintes sur le patrimoine matériel et immatériel, chaque région possède son propre répertoire de pratiques sociales, des rituels, des coutumes et de l'artisanat traditionnel.

 


Les fiançailles (el khotba- la fatiha )

La cérémonie du mariage à Blida a une grande importance et c'est un événement marquant dans la vie sociale de l'individu, et nécessite des préparations.

Des la naissance de l'enfant ses parents pensent a ce futur et heureux événement et les mères commencent a penser au trousseau de leur fille ou garçon des leur plus jeune age (bijoux …)

Les fiançailles (el khotba)

Les hammam (bain maure) étaient un endroit de détente physique et morale pour les femmes c'est la ou se rencontraient et faire des relations entre eux et cherchaient a marier leur fils et contacter la famille de la fille pour faire la demande en mariage.

la promesse officielle du mariage est conclue entre les parents qui se réunissent pour officialiser l'accord (el khotba ) et fixer la dot (el chart –elsdak) le père du jeune homme propose une somme d'argent les parents et les proches des deux futurs époux on récite alors (la fatiha) les femmes annoncent l'heureux événement par des youyous et la distribution des gâteaux et des sirops (charbat) à partir de ce jour ,la jeune fille est promise et pendant le temps des fiançailles la jeune fille recevra des cadeaux lors des fêtes religieuses el mhiba .

 

Préparatifs du mariage

La date du mariage est fixée pendant la période des fiançailles. Quelques jours avant la célébration du mariage les femmes se réunissent pour rouler le couscous en chantant et récitant des poèmes (ettakdem) accompagnes de you-you chez les deux familles, les petites filles prennent un coin pour chanter en utilisant la derbouka. Une semaine avant le mariage les femmes commencent à préparer les gâteaux comme (tcharak el makrout (losanges au miel)– el aarayech - elghribia …)

L'invitation des voisins, proches parents et les amies au mariage se fait par la mère de la mariée accompagnée d'une proche parente, elles doivent se rendre dans chaque maison et à la sortie de chaque maison elles sont aspergées de parfum et on leur donne du sucre ou les oeufs.

Deux ou trois proches parentes se rendent chez les beaux parents pour aménagement de la chambre de la mariée (taalak echoura).

Quelques familles aménagent la chambre le jour du mariage avec la literie nécessaire et la chambre doit être déjà nettoyer et aménager.

 

Cérémonie du mariage 

Hammam  

La veille du mariage était destinée à la visite du hammam dans un rituel ,la jeune mariée est prise par la main par ses cousines comme une reine accompagnée de youyou,couverte d'un châle hwiyak précédée de deux jeune filles qui portaient des bougies allumées .une femme d'un certain age nommée la machta c'est elle qui lave la mariée pour apparaître dans toute sa splendeur et beauté (cheveux coiffés mettre le harkous …) après le bain ,la réunion se fait dans la cour du hammam ou l'on distribuait des couronnes brioches hniounette et des boissons fraîches charba t.

Le lendemain c'est la taçdira la jeune fille fête la cérémonie de son mariage en habillant ses belles robes traditionnellem ent karako accompagnée de musique avec la darbouka et chants .la machta s'occupe de l'habillement, de la coiffure et du maquillage de la mariée .le karakou était le dernier costume porte lors de la taçdira il est mis avec un bijou sur la tête khait erouh ‘le fil de l'ame'. Dans la tradition blidenne ,la machta continuera a accompagner la mariée jusqu'au jour de son départ.

Le soir après la taçdira , les parents et les invités du marié appellent elbiatat viennent chez la mariée pour la cérémonie du henné.

Les invités sont accueillis avec des you-you et des louanges takdam et sont aspergés avec du parfum.

Cérémonie du henné

Après le dîner pour tout les invités des deux familles (du couscous avec la viande), la séance du henné commence, on recouvre la tête de la jeune mariée avec un châle qui exprime la pudeur on l'a monte au centre de la cour ou de la pièce assise sur un coussin en satin et brodé, derrière elle deux enfants tenaient des bougies allumées et une glace.

Une vieille parente généralement la mère ou la grand-mère du marie prépare le henné, elle versait du henné dans un récipient en argent elle cassait les œufs et versait dessus de l'eau de fleur d'oranger et finissait par y déposer un louis d'or (c'est un porte bonheur) : le henné pour le bonheur, l'œuf pour la fertilité l'eau de fleur d'oranger pour la douceur et louis d'or pour la richesse. Elle appliquait du henné dans le creux de la main de la mariée, le couvrait d'un coton puis introduise la main de la mariée dans un gant en satin brodé avec du fils d'or et perle puis serré par un ruban. Cette cérémonie est accompagnée de you-you et de louange eltakdem qui louent les qualités de la mariée et du marié et leur beauté . Après la cérémonie des jeunes enfants et jeunes filles ouvrent droit.

Dans la tradition, le récipient dans lequel a été mélangé le henné est confié à la mère de la mariée qui le lave et jette son contenu dans un pot de plante et le cache dans un endroit tenu secret .ce geste de cacher le récipient du henné est contre le mauvais œil et protège de la stérilise.

La taoussa

On dispose sur les genoux ou devant les pieds de la mariée un récipient en cuivre gravé et argenté tassa de forme de grand bol ou d'une assiette creuse ou plat en vannerie décorée ,la mère de la mariée pose un bracelet ou un collier ou kheit e rouh en or dans le récipient et une femme généralement la (machta) montre vers toutes les directions afin que tout le monde puisse voir ,puis les autres femmes posent chacune une somme d'argent ,c'est en quelque sorte de salaire remis a la mère de la mariée.

Cortège

Au lendemain , les parents et invités du marie viennent chercher la jeune mariée a sa nouvelle demeure accompagnès de groupe de zorna , elle quitte le domicile paternel passe sous l'aile ‘bras) de son père .c'est un geste symbolique qui signifie son mariage a été accorde par le père ,elle sort avec un voile Hayek de couleur rose c'est le hayek el arousa accompagnèe des youyou de femme et des chants et .la mariée emporte un pot mahbes elmakrout qui est confié à sa sœur ou une tante qui veillera sur la mariée jusqu'a l'arrivèe de sa mère le lendemain .

La jeune mariée est accueillie par sa belle mère sur le seuil de la porte d'entrée et lui offre à boire de lait et du sucre et les deux partagent de lait signe de pureté des relations entre elles .le marié avait droit a sa fête et son orchestre est souvent le chaabi ou musique andalouse .le marié a le droit au henné qui se déroule en une grande cérémonie entre les hommes.

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Pour les femmes la cérémonie est accompagnée de derbouka des youyous et des chants (généralement accompagnèe d'un orchestre féminin masamaa .la mariée porte le karakou (veste brodée de fils d'or) et de bijoux tel que la assaba et kheit erouh .

La jeune mariée ne doit pas porter des vêtements noués, ce qui pourrait gêner la consommation du mariage, selon les croyances.

Le sbouhi (2 ème jour du mariage 

Le lendemain on prépare un repas a l'honneur des deux familles seulement et quelques amis intimes .le déjeune est composé de soupe blanche chorba beida,chtitha (ragout à la sauce rouge piquante) , bourak , methaouam laham lahlou . En fin de repas on distribuait des baghrirs (crêpes en semouline au miel et au beurre), cela passait dans la cour de la maison, la mariée prenait une place dominante.

Une dernière cérémonie se déroulait avec des meddahates qui animaient la qaada , une nouvelle qaada ou réunion des deux familles (tradition typiquement blideenne ) la mère de la mariée apporte avec elle, la tomina faite avec la semoule, beurre et miel et on sert aux invites du mesfouf (couscous sucre aux raisins secs) accompagne de elben .

La mariée vêtue du qat et porte une fota taa el hammam dore et brodée avec du fil d'or et on demande a un jeune garçon de mettre le chentouf fait de pièces de louis d'or ou un krafach (sautoir) autour de la taille de la mariée.

Le 14eme jour (hammam erbaatach)

Le 14 ème jour du mariage, la mariée se rend au bain accompagnée de sa belle famille après le rituel bain elle porte son qat et on distribue des couronnes brioches hniounattes et des boissons fraîches charbat.

Costume féminin

le bedroun est une longue robe en satin dont le bas était taillé comme un seroual echalka .

le caraco (qat) costume composé d'une veste travaille avec du fil d'or, trois techniques différentes (elmadjboud, elfatla et echaara) et agrémenté de paillettes et de cannetilles, un pantalon rond accompagne la veste appelée :

seroual mdouar (pantalon rond ) qui demande 15 mettre de tissu pour sa confection

m'harmat el ftoul (foulard a longues franges ) en soie de forme triangulaire qui se porte sur la tête en tissu satiné et les franges en en soie travaillée au macrame, le port du foulard révèle le statut social de la femme mariée ou célibataire

qwiat porté par les femme mariées en cérémonie et d'autre occasion ,c'est une tenue composée d'un haut sous forme d'une veste et pantalon dit seroual echalka en différentes qualités de tissu ,porté généralement avec m'harmet el ftoul et jusqu'à présent il est porté par les vieilles femmes.

burnous composé d'une seule pièce de couleur beige brodé généralement est de couleur beige.

La coiffure 

La coiffure pour le mariage est particulière : une raie partage les cheveux en deux tresses disposées dans le dos, les tresse sont terminées par des rubans de soie multicolores .des petites mèches sur les deux cotés (swalefs) qui sont des signes distinctifs de la femme mariée.

Bijoux de cérémonie

Les bijoux sont un symbole de richesse et signe de Genevois. Les différents types de bijoux citadins portés en cérémonie :

khait erouh (diadème) en or jaune et pierres colorées, constitue d'une chaîne et une plaque circulaire de forme de médaillon incrusté de pierres généralement la chaîne est constituée de treize boules en or. Il se porte généralement sur la tête de la mariée en introduisant un ruban dans le fermoir qui servira à faire le nœud derrière la tête.

chentouf (collier) composé de plusieurs pièces de louis d'or attachées sur un ruban blanc ou tissu en velours noir.

crafache (collier) en or composé de longue chaîne torsadée et un médaillon agrémentéde pierre et entouré des motifs, c'est un bijou citadin.

anneau de cheville en cuivre jaune, il ressemble à un fer a cheval.

Les instruments de musique utilisés aux cérémonies de mariage 

derbouka: instrument de musique utilisé dans les cérémonies du mariage et baptême, c'est un très ancien instrument répandu dans les pays arabes ,connu aussi sur le tabla et deblek , la frappe se fait a la main au centre sur la peau de chèvre, mouton ou lapin

taar : c'est un instrument de musique arabe, fabriqué en bois, peau et métal c'est un des plus anciens instruments de la musique arabe, il est de forme circulaire le pourtour contient cinq paires de cymbales et pour mettre du son, il faut l'agiter tout on le tenant verticalement avec la main gauche tandis que la main droite frappe le centre de l'instrument. Le groupe de mssamaa utilise ce genre d'instruments avec la derbouka.

ghaita: flute formée d'un tuyau fait en bois avec une extremité conique, appelée aussi zorna, très répandu dans les pays arabes et en Turquie . en Algerie, connue par le grand musicien des zornadjia du mot (zorna) de la casbah d'Alger boualem titiche.

 

 

Guelma

Le présent travail est le résultat d'une enquête de terrain, à travers certaines tribus de la willaya ( Beni Foughal, El Meyadha, Zeraoula …. ) La fête traditionnelle diffère d'une tribu à une autre dans certains points, mais nous avions pris en considération les points convergents et semblables.

l'etape de l'accord initial 

L'accord initial entre les pères des deux conjoints, se déroulait dans un lieu public ( café maure, rahba ….), le père du marié demande la main de la fille en prononçant la formule rituelle : « djinak blehseb, oua nseb ntalbou bentak flana (le prenom), lwaldna flane (son prénom ), le père de la marie rétorque :  «  j'accepte  »

Ces paroles sont toujours prononcées en présence de deux témoins, de plusieurs personnes âges et de l'imam.

Si tout le monde est d'accord, on prononce la fatiha (premier verset coranique).

L'etape des préparatifs pour les noces 

Elles commencent par l'envoi d'un groupe de femmes âgèes chez la famille de la mariée portant «  le rqous  » (viande, couscous et ingrédients pour préparer le repas).

Le trousseau de la mariée, ou l'ensemble des effets vestimentaires contenu dans un coffret en bois.

Ce trousseau consiste en cotonnade, chechia ornée d'argent, et ledjebin (gros bijoux qu'on met sur le front), un traversin de deux mètres de longueur environ en laine, des boucles d'oreille en argent en forme de feuille d'oranger, khelkhal en argent (anneau circulaire à l'extrémité en tête de serpent porté au pied), un mekyas en argent porté sur le bras et une mhazma soltani (ceinture en argent).

La noce 

 Le soir venu, un groupe mixte de la famille du marié se rend chez la famille de la mariée à dos de chevaux en chantant et en dansant, arrivé sur les lieux, on l'accueille par des jets de pierres symboliques.

La mariée procède devant les femmes à une sorte de défile en mettant chaque fois un habit contenu dans le trousseau, puis elle termine par mettre un foulard rouge ( chami ) et on lui met le henné aux pieds et aux mains en chantant des louanges religieux.

Le lendemain, après le petit déjeuner à base de tamina , le cortège se prépare essentiellement en utilisant un cheval ou un mulet comme monture à la mariée sous forme d'une petite tente appelée lekfal .

On raconte qu'un duel entre deux hommes des deux familles est organisé pour designer celui qui fera monter la mariée complètement voilée sur la monture, et le cortège ne démarrera pas tant qu'une somme d'argent n'est pas versée au frère ou au tuteur de la mariée tenant la bride du cheval ( srima )

Le voyage se déroule dans une ambiance marquée par des chants et des danses traditionnels.

Arrivé au domicile conjugal, la fête continue , ponctuèe par un dîner à base de couscous et de viande.

Le marié se cache ( hadjba ) jusqu'au lendemain ou l'on procède à la cérémonie collective du henné (entrecroisement des mains de plusieurs amis du marié, de manière à ce que sa mère ne doit pas reconnaître la main de son fils, puis elle lui met une alliance en argent.

La danse entre hommes s'appelle la redsa et l'ensemble s'aligne en deux rangs formant un passage dans lequel passe le marié pour rejoindre sa chambre nuptiale dont le murs sont couverts de tapis.

A sa sortie, l'ensemble des présents l'accueille, le soulève et le balance en l'air plusieurs fois dans une ambiance de joie.

La matinée est ponctuée par un dernier repas qui s'appelle leghrayef .

 

 

Naâma

 

Le mariage, pratique sociale et typiquement traditionnelle

Le mariage représente, dans les milieux ruraux et bédouins, un rituel important et une pratique ancrée dans la formation des unions et alliances sociales et familiales et au cours desquelles de grandes fêtes sont celebrèes pour exprimer la joie et le bonheur qui symbolisent l'union sacrée. Celle-ci représente un grand événement qui est celebré par tous dans les pures pratiques et traditions de la région, pour mettre en avant son importance dans l'existence de l'homme depuis la nuit des temps. La cérémonie du mariage constituait le pilier principal qui ne se limitait pas à unir deux familles seulement, elle servait à nouer et à renforcer des liens et des relations entre tous les membres de la société de la région de naama en général. Le rituel cérémonial est maintenu jusqu'a nos jours même si quelques pratiques ne sont plus appliquées en raison de l'évolution de la société algérienne a différents niveaux, qu'il soit traditionnel ou culturel .il est cependant nécessaire d'avoir une connaissance de sa tradition pour être en mesure de s'intégrer parmi les grands changements et développements socioculturels dans le monde. La wilaya de naama représente de par sa géographie, une région rurale et agricole par excellence avec des élevages bovins et ovins très importants, dus a la présence d'eau dans la région. En effet, le déplacement des bédouins était motivé par la présence de points d'eau et d'espaces verts, pour leur permettre d'offrir a leurs bêtes, les conditions nécessaires a leurs vies et pour faciliter le travail de la terre.

les habitants de la région de naama ont traduit à travers le temps, leur volonté a exprimer leur joie a l'égard des événements importants qui marquaient leur vie à travers des rituels festifs qui se déroulaient lors des plantations, des moissons, des cueillettes, des fêtes religieuses comme la célébration de l'anniversaire de la naissance du prophète (qlsssl) etc. la célébration du mariage parmi les habitants de naama était un symbole supplémentaire qui marquait le bonheur des habitants à marier l'un de leurs enfants.

Les bédouins et les habitants de la zone rurale de la région de naama avaient pour habitude d'exprimer leur joie à l'égard du mariage de leurs enfants, cette union qu'ils estimaient sacrée, dans la pure tradition ancestrale. Cette alliance représentant un événement décisif dans la vie des jeunes époux ou la jeune fille quitte la maison de son père et avec, son ancienne vie pleine d'insouciance pour aller rejoindre avec son compagnon de vie, une autre vie ou les attendent des responsabilités et un avenir différent de ce qu'ils ont vécu jusqu'a ce jour.

Comment se célébraient les noces ? Comment les membres des deux futures familles par alliance se rencontraient-ils pour décider de cette union ? Comment se préparait la cérémonie et à quelle périodes de l'année ?

Généralement, les préparatifs au mariage se faisaient à l'avance par la famille de la future marié, comme il est de coutume chez les bédouins et les habitants de la région rurale. Ceux sont donc les deux familles qui anticipent l'événement en fournissant tout ce qui est nécessaire au bon déroulement de la cérémonie. La famille de la future mariée allaient jusqu'a donner tout ce qu'ils possédaient pour garantir le succès de la cérémonie.

L'idée du mariage et de la demande en mariage

Auparavant, l'idée du mariage était suggérée par les parents étant donné qu'ils ont eux même vécu l'événement et nul n'est mieux place qu'eux pour l'avenir de leurs enfants. Les tribus de l'ancien temps, vivaient dans des habitations appelées «  douar el-khiam  » ce qui impliquait que les tribus étaient installées a des distances précises les unes des autres. Le père avait une parfaite connaissance de la disposition des tribus avoisinantes, ainsi que de la réputation de leurs habitants et leur respect a l'égard des traditions de la région. A cette époque, les époux étaient jeunes et surtout pour ce qui concerne la fille qu'ils mariaient très jeune.

Les parents du jeune homme se dirigeaient chez la jeune fille, dans un cortège de tamtam et de chants traditionnels, pour demander a son père de leur accorder la main de sa fille pour leur fils et ils formulaient leur demande en mariage dans les termes suivants : «  nous sommes les invités de dieu   ».

Puis ils rentraient dans la kheima qui est une tente dans laquelle les hommes prenaient place d'un coté et les femmes de l'autre. Après un court dialogue, la mère du garçon aborde la mère de la jeune fille et entame avec elle le sujet de demande en mariage en lui demandant combien de filles a-t-elle a marier, laquelle d'entre elles est la plus jolie, quels sont leurs âges, qui devaient se situer entre 13 et 16 ans. Entre temps, le père de la jeune fille rejoint sa femme pour l'informer du dialogue tenu parmi l'assistance des hommes et qu'au plan du principe, la réponse qu'ils rendront sera positive mais ils doivent néanmoins, demander l'avis des oncles paternels et maternels de la jeune fille. La décision des oncles tranchera car elle représente la décision du groupe « la djemaa ».

Les parents du jeune homme retourneront chez eux et informeront leur fils de la demande en mariage qu'ils ont fait en son nom, ils lui parlent de sa future épouse et de ses qualités et qu'un délai leur ait donne, a lui et a sa future épouse, pour son avis sur la question. En marque de respect et de considération, le fils répond à ses parents «  votre choix est le mien  ».

Le père de la mariée se réunit, en conseil de famille (oncles paternels et maternels de la jeune fille), cette réunion s'appelait « la djemaa » et les informait du sujet pour le débattre avec eux et donner leur avis. Les débats portaient sur les origines de la famille de la jeune fille, leur réputation et leur santé. Lorsque, par accord commun, ils acceptaient cette alliance, la mère parle à sa fille et la conseille en lui disant ; que le mariage est la stabilité qui durera pour elle car ses parents sont appellés à partir. Elle lui parle du mariage, de son futur époux et des enfants qu'elle aura et la confiance de la jeune fille en son père et son choix font qu'elle accepte l'union.

Le père de la mariée envoie une vieille dame de la famille rendre visite aux parents du jeune homme pour les informer qu'ils donnaient leur accord pour l'union de leurs enfants, en priant dieu de faciliter les préparatifs. Dés que la nouvelle est donnée, la famille du garçon rassemble les vieux de la famille ainsi que tous les oncles pour prendre un mouton et l'offrir a la famille de la jeune fille en signe d'officialisation de la demande en mariage. Par ce geste, qui représente une « publication », la jeune fille devient officiellement la fiancèe de leur fils. Un dîner est offert et au cours duquel les membres des deux familles font connaissance, ils lisent la «  fatiha  », premier verset du saint Coran . Il n y a pas de dot car tout ce qui compte pour eux était le bonheur des mariés, la stabilité, la réussite de leur union et il n'y avait aucune condition posée, le vieux dicton disait «  l'os que tu as pris intact, rends-le intact » .

Les préparatifs au mariage

Le mariage était célèbre au printemps ou en été, les raisons étaient entre autre dues au climat, à l'abondance des fruits et légumes, des moutons en ces deux périodes de l'année, à l'eau et pour éviter le déplacement des bédouins.

Du côté de la mariée

La mère de la mariée préparait le trousseau de sa fille avec les moyens existants, des coupons de tissu pour en confectionner des robes traditionnelles «  la m'lahfa  » et « le makroun  », du maquillage qui se réduisait au «  khol  » pour les yeux et qui était fabrique sur place et pas achète, «  el nila  » et «  es ser  »,…, sans oublier le «  souac  » pour colorer la bouche. Puis elle rangeait le trousseau de sa fille dans une malle métallique et brûlait de l'encens et «  ettib  » avec «  el dhbia  » et du girofle « el kranfel » sans oublier le henné pour colorer les mains et les pieds.

Du côté de la marièe

La première des préparations était la maison, le nid des tourtereaux, une tente individuelle est mise en place pour lui et qui est à proximité de celle de la grande famille. Elle est ensuite équipe du nécessaire de vie, de literie et de couvertures. Il faut noter qu'a cette époque tout cela était tissé y compris les tapis. Une malle métallique était aussi prépare pour la future marièe et dans laquelle il y a ses habits traditionnels pour ses noces, avec des bijoux en argent seulement, les plus riches se permettaient quelques pièces de louis d'or et une ceinture en argent massif.

La cérémonie des noces du mariage et le festin offert

Quand vient la date du mariage, le père du marié en informe la famille de la jeune épouse. La fête dure sept jours et sept nuits avec de la musique, des youyous, des représentations de cavalerie avec les chevaux et les tirs de fusils pour exprimer la grande joie de l'union.

La famille du marié accroche un drapeau vert en haut de la tente pour annoncer que le mariage se tiendra pendant une semaine entière. Les soirées festives et la cérémonie commence des lors avec la représentation de la cavalerie et la danse «  allaoui  » accompagnées de la musique traditionnelle «  el ghaita  ».

Le cortège cérémonial

un groupe de femmes de la famille du marié, généralement les plus âgés se rendent à la kheima de la nouvelle mariée, vêtues de leurs habits traditionnels « la m'lahfa  » et «  le makroun  » avec des bijoux en argent comme le «  brim  », le «  kh'lala  », maquillées et avec du henné couvrant leurs mains et leurs pieds, elles se déplacent en chantant et en lançant des youyous en signe de joie : «  nous sommes venues la prendre, fille de la tribu et de la grande  kheima, nous sommes venus dans ta demeure aujourd'hui  »

A leur arrivée, elles sont accueillies par la famille de la mariée avec joie et hospitalité. La grand-mère ou la grande tante, pour porter bonheur et apporter la baraka, font sortir la mariée resplendissante dans ses habits traditionnels, son maquillage et ses bijoux. dans une ambiance d'encens, elle sort la tête couverte pour qu'elle n'apparaisse pas, elle sera suivie de sa mère et ses sœurs ainsi que des amies qui lancent des youyous, qui chantent et qui dansent le «  hidous  » ou les femmes se mettent en deux rangs en face l'un à l'autre. Le premier rang tape sur le «  bendir  » et chantent des chants traditionnels de bienvenue, tandis que le deuxième rang formule des réponses tout en applaudissant.

Parmi les plus beaux vers chantés : «  nous sommes venus, ne dites pas que nous ne sommes point venus, habitants de la grande kheima, préparez le thé  ».

Puis le cortège se dirige vers la maison du marié et à leur arrivée, ils sont reçus par la famille à leur tête la mère et la grand-mère, heureuses d'accueillir l'épouse du fils et ceux qui l'accompagnent. Des youyous retentissent, ils sont arrosés à leur arrivée, de parfum «  mesk et tib   ». La mariée est dirigée vers sa tente ; lieu de sa nouvelle maison qui a été préparé pour les jeunes époux. La main droite de la mariée est mise dans du beurre sale «  smen ou d'han  » tiré de la graisse de mouton, cette action s'appelle «  el aaka  », elle symbolise, avec la volonté de d'allah, l'abondance et la baraka dans la kheima. La mariée s'installe dans sa nouvelle kheima propre à elle. Dehors, la fête est celebrèe avec les représentations de la cavalerie et des tires de coups de fusils.

 

Le marié quand à lui, est plus loin, avec ses amis dans une tente ou kheima joliment décorèe en rouge, il porte ses habits traditionnels de noces en l'occurrence «  el kertas  » de couleur blanche et sans manches ainsi qu'un autre habit blanc sur lesquels il porte le burnous de son père ; ce dernier étant transmis de génération en génération pour lui porter bonheur et préserver la continuité de la famille. Sur sa tête, on lui mettra un bonnet de tissu blanc et on le parfumera d' encens .

Le marié sera place au milieu de l'assemblée d'amis et d'invités, dans une ambiance de chants qui accompagne la «  gasba  » (qui est une flûte traditionnelle) et la danse «  alaoui  » en rythme avec la «  gasba  » et le «  bendir  ». Plus loin les cavaliers font leur exhibition sur leurs chevaux et avec leurs fusils.

Puis vient le tour du marié de faire son apparition accompagné de son « el wazir  » qui n'est autre qu'un ami ou un membre de la famille désigné pour l'assister  et dont la tâche est importante, puisqu'il se chargera de servir son «  moulay le sultan  », de l'aider et de le conseiller. Le marié se déplacera en marchant au milieu des tires de fusils des cavaliers et de la musique traditionnelle.

Le dîner des noces est un grand repas préparé à base de viande et de sauce, il est offert à toutes les personnes présentes et servies dans des grands plats creux en bois massif autour desquels les convives se rassemblent. Du lait, du petit lait et des dattes sont aussi servis aux invites pour accompagner leur dîner.

Le lendemain, la mère de la mariée préparera des plats populaires et purement traditionnels comme le « r'fis », composé d'un mélange de morceaux de pain traditionnel écrasés avec des dattes, il sera ensuite passé à la vapeur et une fois ramolli, il sera mélangé avec du beurre salée « smen ». La mère de la mariée servira ce plat aux invités dans un grand plat en bois massif. Elle préparera un autre plat, « es sefna » qui est un mélange de couscous fin servi avec du lait ou du petit lait et des dattes.

La famille du marié quand à elle, préparera du pain traditionnel qui aura été pétri très tôt le matin et cuit sur de la braise puis servi avec du café ou du thé.

La caractéristique la plus importante de la cérémonie du mariage dans la wilaya de Naâma est le «  mechoui  », du mouton rôti sur de la braise et retourné de temps à autre, une fois doré, il est découpé en morceaux puis servi dans un grand plateau accompagné de «  melfouf  », du foie de mouton cuit dans de l'eau calée uniquement et entouré de crépine de mouton puis rôti sur de la braise. Une entrée de salade accompagnera le festin et composée de petits morceaux d'oignons dans le but de réduire le cholestérol présent dans la viande de mouton.

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Dans les mariages traditionnels de la région de Naâma, la mariée sort de sa tente pour aller embrasser le front de la mère et du père de son mari, ce qu'on appelle « el mekb ». Le marié fait le même geste à ses beaux parents. Une dame âgée de la famille du marié déplace la mariée qui est vêtue de ses habits de noces offerts par son mari et la tête couverte d'un foulard de tissu fin et transparent, pour aller embrasser le front des oncles paternels et maternels de son mari ainsi que les plus âgés de la famille. En faisant ces gestes, la mariée passe par derrière ces hommes et ne le fait pas en face. Une corbeille fabriquée en fibres naturelles et couverte d'un tissu est placée au centre et dans laquelle des sommes d'argent sont collectées pour être offertes à la mariée.

La mère de la mariée distribue des parfums, de l'encens et de l'écorce de noyer «  souak  » à toute la famille ainsi qu'aux amis de son nouveau gendre. Cette coutume est appelée «  al aada  », elle dure sept jours et sept nuits.

La nuit de noce n'était pas fixée pour un jour précis parmi cette semaine, car chaque jour parmi les sept jours était considère comme un jour à part le vendredi, jour de prière.

Après que les sept jours soient écoulés, la mère de la mariée rejoint sa maison avec toute la famille et un mouton lui ait offert pour son départ ainsi qu'une somme d'argent remise par le marié à sa belle mère en guise de cadeau, cela s'appelait «  ez ziara  ». La mère quitte sa fille en la conseillant de bien se comporter avec son mari et sa belle famille, de leur obéir, de ne pas s'ingérer dans ce qui ne la concerne pas, d'être patiente devant les épreuves de la vie et d'être consciente qu'aujourd'hui, elle est avec une nouvelle famille qu'elle se doit de conserver car, comme dit le proverbe de la région «  la femme est comme une graine, elle donne des fruits partout ou elle va  ».

Après une période donnée variant de six mois à une année et selon les conditions climatiques qui favorisent ou ne favorisent pas le voyage; le marié emmène sa jeune épouse accompagnée de sa belle mère, rendre visite à ses parents. Cette coutume s'appelle le «  m'keb  », une fois arrivée à destination, la jeune mariée embrasse le front de ses parents. Son père leur offre son hospitalité et sacrifie un mouton pour préparer le «  mechoui  » ou le rôti sur braise qui sera servi pour le dîner. La nouvelle famille se rassemblera en soirée autour d'un grand plateau garni ou le thé sera servi pour accompagner les discussions.

Le lendemain matin, la mariée quitte à nouveau ses parents pour rejoindre sa nouvelle vie, accompagnée de sa nouvelle famille.

Ainsi continue la vie à Naâma sur les traces des générations passées et fidèlement aux traditions.

 

 

 

Mascara

La wilaya de Mascara à l'instar des autres wilayas du pays, jouit de sa propre culture du mariage qui a un caractère purement traditionnel, populaire et immatériel. L'attention portèe à cette tradition permettra de la conserver pour la transmettre aux générations futures pour qu'elle ne soit pas perdue.

Certaines familles continuent à célébrer leurs mariages dans la pure tradition de la région, tandis que d'autres ne le font plus. La préparation au mariage se faisait en plusieurs étapes.

 

Avant d'atteindre l'âge du mariage, la fille de la région était tenue de s'habiller toujours simplement et discrètement. Cependant, lorsqu'elle atteignait l'âge de 12 ou 13 ans, elle portait des habilles la couvrant entièrement et qui sont le « haïk  » et la «  aouina  » qui ne laissait paraître qu'un seul œil, pour lui permettre de voir. A cet âge, la jeune fille reste à la maison afin qu'elle apprenne à la tenir et à la gérer. Elle ne pouvait sortir qu'en compagnie de sa mère pour se rendre soit au bain, à un mariage ou chez l'un des membres de la famille proche, comme le grand-père ou les oncles.

La demande en mariage

La jeune fille est demandée en mariage une fois qu'elle est rencontrée accompagnée de sa mère dans un mariage ou elles sont invitées, ou si les gens ont connaissance qu'un habitant du douar a une jeune fille qui est libre et en âge de se marier.

Une personne se rend chez un membre de la famille de la jeune fille, en l'occurrence sa grand-mère ou sa tante paternelle, avec un couffin dans lequel il y a du sucre, du café, des confiseries achetées dans le commerce et du henné. Un homme les accompagne comme le père ou le grand-père du futur marié.

La grand-mère du jeune homme annonce « nous sommes venus demander la main de votre fille x » et la mère de la jeune fille répond :  « si c'est son destin et bien nous ne nous y opposerons point ». Une date de rencontre est ensuite fixée pour officialiser la demande et remettre la dot, les bijoux et les habits de la future mariée.

A la date convenue, les vieux et les sages du douar ainsi que le grand-père, les oncles paternel et maternel et la famille de la mariée avec trois ou quatre femmes appartenant à la famille du futur marié remettent tous les articles de la dot à la famille de leur élue lors d'un repas offert en leur honneur puis, fixent la date de la cérémonie du mariage.

L'invitation

Les deux familles se chargent des invitations pour le mariage. Un groupe de trois à quatre femmes habillées de façon élégante, maquillées, parfumées et portant leurs bijoux et avec du henné qui colore leurs mains vont convier ainsi les gens de la tribu au mariage des jeunes gens, les femmes doivent prendre de chaque maison un peu de sucre pour que le mariage soit doux.

Le jour de la cérémonie

les femmes de la famille du marié, transportent de la semoule, des moutons et le nécessaire pour la préparation du repas de fête comme les légumes, l'huile, le café, le sucre, les dattes, le lait ………etc.

L'ambiance, ce jour là, est une ambiance de joie et de fête, des youyous se font retentir en harmonie avec la musique traditionnelle. La famille de la future épouse les accueille avec le protocole d'hospitalité et les youyous traditionnels.

Après une courte pause au cours de laquelle ils dégustent des douceurs et des friandises avec du café, la mariée apparaît accompagnée d'une des dames âgèes (pour la baraka) puis ouvre le sac de semoule au milieu des youyous des convives. Sept poignées de semoule sont utilisées pour en préparer le «  r'fis  », gâteau traditionnel de la mariée et qui sera servi à ses invites. Un groupe de femme des deux familles se réunissent pour préparer le repas de fête tout en chantant. Quand vient le tour du sacrifice du mouton, c'est à la mariée que le cœur grillé avec un peu de sucre sera servi.

Le lendemain, les hommes se réunissent avec le cadi de la tribu qui enregistrera l'acte religieux .

« le f'touh ou el-djah » 

Les invités ne doivent ni boire ni manger avant que l'acte religieux «  la fatiha  » ne soit conclu, l'imam dicte les conditions et s'assure que la famille de la mariée approuve, puis il déclare l'acte religieux de la fatiha conclu, les femmes lancent des youyous de joie puis servent du lait et des dattes avant de servir le repas qui sera suivi de café et de thé offerts avec des friandises et des gâteaux traditionnels. La famille de la mariée célébrera l'événement avec ses proches et amis, la mariée sera parmi eux. tout de blanc vêtue, elle ira par la suite au hammam accompagnée de ses copines encore célibataires qui chantent pour elle et qui la maquillent avec du khol , du henne et du souak qui n'est autre que de l'écorce de noyer.

La cérémonie du henné

La famille du marié prépare une valise blanche dans laquelle se trouve le trousseau des noces qui sera offert à la mariée et qui est composé de trois ou quatre robes, du parfum, du sucre brut, du maquillage ( mestouak et du khol ).

A leur arrivée, du café et des gâteaux traditionnels sont servis à la famille du futur marié, puis un grand repas est offert avec de la viande et de la sauce. Ensuite, la mariée arrive vêtue d'un voile qui la couvre entièrement et la famille la fait tourner sept fois autour de la salle et l'installe au milieu des invites. La plus âgèe des femmes, se chargera d'habiller et de mettre le henné a la mariée. le henné qui doit être en feuilles naturelles et non traité, est écrasé dans un pilon et un mélange de lait, d'eau de fleur d'oranger et de sucre est préparé dans une assiette creuse en terre cuite. Des petites filles portent les bougies qui doivent rester allumées jusqu'a ce quelles s'éteignent d'elles même. Pendant ce temps, les femmes chantent la chanson célèbre de la cérémonie du henné : « o tendre henné o chère mariée de mascara, que le salut soit sur notre prophète » les mains de la mariée sont tendues pour recevoir le henné et être enveloppèes dans des gants faits de tissu de soie. Puis vient l'étape de la «  ounissa  » où une femme montre en citant à voix haute, les cadeaux précieux et les bijoux que le père de la marièe a offert à la jeune femme.

Ils offraient des bracelets, une chaîne, un diadème et une bague. Les amis aussi offraient des cadeaux. La mariée avec des mules à ses pieds, posait son pied droit sur un œuf enrobé de henné, un membre de la famille du marié en l'occurrence, son père ou son frère, entre dans la salle où se trouve la mariée pour la porter au milieu du cortège et de la délégation qui anime la cérémonie de leurs chants et youyous. Puis, tous se dirigent avec elle vers la maison du marié ou les noces seront célébrées.

Au retour, le cortège marque un arrêt pour la visite des tombeaux saints de la région. A leur arrivée, la mariée entre la première, elle est accueillie par une femme qui lui donne du lait et des dattes ou bien du sucre. Les femmes chantent en choral : « nous l'avons ramenée chez nous et avec elle, nous avons ramène le bien, o fille de la tribu, tu as en ton époux le meilleur des hommes ».

La mariée, vêtue de son voile, est conduite vers sa chambre pour qu'elle ne soit vue de personne et on l'a font asseoir dans un coin orienté vers la mecque. Pendant ce temps, la famille de la nouvelle mariée est invitée à consommer du café, du thé et des gâteaux traditionnels.

Ils quittent tous la chambre ou se trouve la mariée et rejoignent ensemble une autre salle pour permettre au jeune époux, quand il arrivera, de rejoindre son épouse et d'être le premier à la découvrir.

Le marié, timide et gêné devant les personnes âgées de la tribu, arrive avec ses amis (vêtu de son burnous blanc qui est un habit porté jusqu'à ce jour par les nouveaux mariés le jour de leurs noces). Un proche se charge de le préparer, de l'habiller et de les servir. Sa mère pose sur le sol une pièce de louis d'or pour que son fils marche par dessus avant d'aller rejoindre son épouse. Elle lui passe ensuite un tissu de couleur rouge sur le visage pour lui porter bonheur et pour que son visage reste rouge. Lorsqu'il franchit le pas de la porte nuptiale, les femmes lancent des youyous et chantent, tandis que des tires de feu retentissent à l'extérieur. Les amis du marié restent pour dîner et assister à la soirée des noces ou des vieux chantent autour d'une danseuse.

Le jour suivant, les deux familles se rassemblent et la grand-mère met le h'zem à sa petite fille. Une vieille dame vêtue de son voile porte la ceinture de la grand-mère ou de la mère avec des cuillères, du henné, des confiseries, du sucre en morceaux et des cacahuèttes. Elle voile ensuite la mariée pour lui passer la ceinture de sa grand-mère autour de sa taille, tandis qu'à l'autre bout du voile, elle pose les cuillères et les autres articles. Une partie de ces derniers seront jettes en avant de la mariée et le reste derrière elle, cette action est sensée apporter le bien, l'abondance et la douceur de la vie ainsi que la progéniture. La mariée emporte ensuite ces articles dans sa cuisine, on lui donne de la pâte dans ses mains qu'elle collera sur le mur pour que l'union dure toujours.

Tous ces rituels se déroulent alors que les convives dégustent des gâteaux traditionnels avec du café et du thé ou consomment le festin qui leur est servi avec du couscous et de la viande. Ce soir là, c'est la mariée qui prépare le dîner pour la famille.

Après quinze jours, la mère de la mariée prépare le repas chez sa fille la «  fekda  » qui symbolise sa visite chez sa fille. Cela consiste en un repas composé de couscous, de feuilles de pâte fine, de viande d'agneau.

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 

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